Quatrième
internationale
L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes

Déclaration du Bureau Panaméricain de la 4° Internationale

Pour la défense des mesures d’expropriation partielles prises en Argentine et Bolivie !
Pour la souveraineté des nations d’Amérique latine et des Caraïbes !

par le Bureau Panaméricain de la 4° Internationale
10 mai 2012

L’expropriation d’une part des actions de la compagnie pétrolière Repsol-YPF en Argentine le 16 avril, suivie de l’expropriation de la Transmission d’électricité (TDE) en Bolivie, le 1° mai, sont, indiscutablement, des mesures partielles de défense de la souveraineté nationale. Il s’agit du droit imprescriptible des peuples à exercer leur souveraineté sur les ressources naturelles et l’infrastructure industrielle de leurs pays, droit que la IVème Internationale soutient inconditionnellement. Chaque organisation démocratique, populaire et ouvrière d’Amérique Latine et des Caraïbes est appelée à se prononcer, et à demander au gouvernement de son pays qu’il refuse toute sanction contre les décisions souveraines de l’Argentine et de la Bolivie, en particulier les gouvernements qui se présentent comme les défenseurs des masses opprimées. {{{ Les peuples résistent à la barbarie capitaliste… }}}Par l’utilisation historique de la dette externe, en s’appuyant sur des régimes dictatoriaux, en imposant la vague de privatisations, de dérèglementation et les prétendus « traités de libre commerce », le capital financier impérialiste a saccagé l’Amérique latine et les Caraïbes, les plongeant dans le chômage et la misère, concentrant toujours plus la propriété foncière et poussant au démantèlement des nations. De leur côté, et bénéficiant de ces anciens mécanismes, les multinationales accentuent aujourd’hui le pillage. Entre 2008 et 2011, le volume des transferts des gains financiers provenant d’Amérique latine et des Caraïbes a été quatre fois supérieur à ce qu’il était au début de la décennie, selon le récent rapport de la Cepal-ONU. En même temps, la « désindustrialisation » de la région progresse - elle redevient exportatrice de produits agroalimentaires – en conséquence de la manipulation des taux de change. Gardien mondial d’un système capitaliste en crise de décomposition, l’impérialisme américain ne peut offrir comme seule politique que le pillage. Pour cela, il a besoin de subordonner tous les gouvernements, quel que soit leur couleur, quelles que soient l’étiquette sous laquelle ils ont été élus. L’impérialisme a besoin d’intégrer à ses plans les organisations syndicales construites par les travailleurs. Mais la subordination des gouvernements à l’impérialisme – comme la volonté des directions syndicales à les accompagner, par le “consensus” et le “dialogue social” – se heurte à la résistance des travailleurs, de la jeunesse, des larges couches populaires qui ne peuvent accepter d’être massacrées. Cette résistance alimente et est alimentée par la crise interne de l’impérialisme américain qui rencontre des difficultés croissantes pour continuer à discipliner, comme auparavant, les gouvernements d’Amérique latine et des Caraïbes. C’est ce que révèle l’échec d’Obama lors du Sommet des Amériques, tenu les 14 et 15 avril en Colombie, dont la Présidente d’Argentine s’est retirée de façon anticipée pour, quelques heures plus tard, annoncer l’expropriation partielle de Repsol-YPF. {{{ …et mettent des barrières à la pénétration impérialiste ! }}}La IVème Internationale soutient totalement la lutte du peuple argentin qui, voilà cinq mois, a combattu le dur ajustement fiscal annoncé par la présidente Cristina Kirchner après sa réélection au premier tour. L’augmentation de 100% du prix du ticket du métro de Buenos Aires, qui implique autant la responsabilité de la Présidente que celle du gouverneur “d’opposition” de la capitale a résonné comme un avertissement donné aux travailleurs qui en ont clairement exprimé le rejet. La suspension jusqu’à aujourd’hui du retrait des aides à l’énergie et à tout le transport dont bénéficie la population de Buenos Aires est le produit direct de la résistance de la classe ouvrière qui n’accepte pas que s’instaure une politique d’ajustement. En février, l’accident qui a fait plus de 50 victimes à Buenos Aires, dans la gare Once, une ligne privatisée, a créé un climat général d’indignation et d’attente de mesures de remises en état du système ferroviaire qui n’ont pas été prises. En mars, le gouvernement a tenté encore de s’opposer à la grève des 600 000 enseignants de la Confédération des travailleurs de l’éducation (CTERA), mais sa tentative a été balayée. Tel est le contexte dans lequel le gouvernement argentin a été a mené à décider l’expropriation partielle de la multinationale espagnole Repsol-YPF, tout en s’apprêtant à payer une indemnisation. YPF (Gisements Pétroliers Fiscaux) était une entreprise d’État dès sa création, en 1922, jusqu’à sa privatisation en 1993 par le gouvernement Carlos Menem, président issu du Parti Justicialiste comme Cristina Kirchner et avec son soutien « enthousiaste », à l’époque. Comme l’a expliqué la Présidente elle-même, l’expropriation partielle n’est pas une renationalisation, car 49% des actions restent dans le domaine privé, dont 25% entre les mains du groupe Petersen, de la famille Eskenazi, liée au gouvernement. Le porte-parole du Département d’État des Etats-Unis a pourtant qualifié la mesure d’ « événement négatif », indiquant que Washington espère que l’Argentine « normalise ses relations avec la communauté financière internationale ». Pour la secrétaire Hillary Clinton, l’Argentine « doit justifier sa décision ». De leur côté, des syndicalistes et des dirigeants politiques argentins, s’appuyant sur la mesure partielle du gouvernement, ont appelé à la constitution d’un grand front national pour une « YPF à 100% publique ». C’est également au moment où se développent de puissantes grèves, appelées par la Centrale ouvrière bolivienne (COB), pour de meilleurs salaires et conditions de travail, que le président bolivien Evo Morales a décidé la récupération de 100% des actions de la TDE, qui avait été privatisée en 1997 par Hugo Banzer. Le gouvernement bolivien s’apprête lui aussi à payer une indemnisation à la compagnie propriétaire des actions, la multinationale espagnole Red Eléctrica. Et il maintient une relation de « partenariat stratégique » avec la même Repsol partiellement expropriée en Argentine. Quelques jours après que cette décision ait été annoncée, le 7 mai, sous la pression de la grève qui se poursuivait, le gouvernement a répondu à la principale revendication des médecins, abrogeant une mesure qui dégradait leurs conditions de travail. Le mouvement pour l’augmentation salariale se poursuit et la COB a appelé à une grève de 72 heures du secteur minier. En toute circonstance, la IVème Internationale combat pour l’indépendance de classe. La décision du Congrès de la COB, en février dernier, de constituer un Parti des travailleurs est, de ce point de vue, un point d’appui pour les travailleurs de tout le continent. {{{ La IVème Internationale défend inconditionnellement la souveraineté des peuples et des nations. }}}La IVème Internationale soutient inconditionnellement ces mesures d’expropriation, indépendamment du caractère et des intentions des gouvernements qui ont été amenés à les adopter, dans les circonstances de lutte de classes locale, dans le cadre de la crise mondiale de domination de l’impérialisme. Pour les travailleurs des Etats-Unis et d’Europe, la défense de la souveraineté nationale des pays opprimés, contre l’impérialisme, contre les patrons des entreprises expropriées et contre les gouvernements qui s’alignent sur eux, est un point d’appui pour leur propre combat, contre les plans « d’austérité » imposés par le FMI, la Banque mondiale et l’OMC. A l’heure où le gouvernement espagnol, l’Union européenne et le FMI, menaçant d’en appeler à l’OMC et de recourir à des sanctions internationales, avec l’appui de Hillary Clinton, du Département d’État des Etats-Unis, prétendent s’opposer violemment à la mesure prise par le gouvernement argentin, la IVème Internationale fait sienne la déclaration de sa section espagnole quand, à l’opposé de certains dirigeants des organisations ouvrières de la CCOO et de l’UGT, elle dit : {« Nous réaffirmons le droit des peuples du monde, quel que soit leur gouvernement, à disposer de leurs ressources naturelles et nous nions aux multinationales tout droit à se les approprier. C’est pourquoi nous soutenons la nationalisation des actions de Repsol dans YPF et nous défendons le fait que Repsol redevienne propriété de l’Etat espagnol, sans indemnisation pour ceux qui ont fait des bénéfices ces dernières années au prix du sang et de la sueur de ses travailleurs ». }Les gouvernements argentin et bolivien ont eux-mêmes, l’un et l’autre, dénoncé le pillage des multinationales qui se gavent de bénéfices et ne réinvestissent pas, provoquant le recul de la production en Argentine, et la menace de pénurie en Bolivie. Dans l’immédiat, est posée la nécessité de la rupture des liens de domination qui subordonnent les pays d’Amérique latine et des Caraïbes à l’impérialisme, surtout américain. Le combat pour la souveraineté nationale part de l’exigence d’abrogation de toutes les mesures anti-ouvrières et antipopulaires imposées par le FMI, la Banque mondiale, l’OMC. C’est un combat qui intègre la lutte pour le rétablissement de la souveraineté d’Haïti, pour le retrait des troupes de la Minustah, commandées par le Brésil, et auxquelles participent des contingents argentin et bolivien. En ce moment, la IVème Internationale renforce son engagement dans la journée continentale, le 1er juin, pour le retrait des troupes de la Minustah d’Haïti. {{{ La IVème Internationale se prononce : }}}Pour la plus large unité en défense des mesures d’expropriation adoptées par les gouvernements d’Argentine et de Bolivie ! Pour la nationalisation à 100%, sans indemnisation, de tout le patrimoine national privatisé ! Pour le droit souverain des peuples à disposer des ressources naturelles, contre le pillage des multinationales ! Pour la réforme agraire ! Pour l’abrogation des Traités de libre commerce ! Pour la levée du blocus de Cuba ! L’impérialisme hors d’Amérique latine et des Caraïbes ! La Minustah hors d’Haïti ! Pour l’Union libre des nations souveraines d’Amérique latine et des Caraïbes, en alliance avec les travailleurs et opprimés des Etats-Unis et du Canada !
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