Quatrième
internationale
L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes

La portée internationale de la révolution prolétarienne en cours en Tunisie


13 mars 2011

La révolution qui a commencé en Tunisie et qui ne cesse de s’approfondir est une authentique révolution prolétarienne. La mise en mouvement d’une jeunesse précarisée et au chômage, des travailleurs, des paysans et d’autres couches de la société tunisienne s’est réalisée sous le mot d’ordre : “De l’eau, du pain, pas Ben Ali !” Ainsi sont reliées dans un même mot d’ordre les exigences de la démocratie et les revendications sociales et ouvrières contre un régime inféodé à l’impérialisme, qui avait pour tâche d’assurer la “stabilité” de l’exploitation des masses tunisiennes par l’accord d’association avec l’Union européenne et les plans d’ajustement structurel du FMI. Dans ce mouvement, les travailleurs occupent une position centrale. Dans un même mouvement, ils cherchent à se réapproprier leur organisation historique, l’UGTT, qui a été le principal vecteur de cette mobilisation massive du peuple travailleur tunisien et à constituer leurs comités de défense de la révolution, avec au centre de ceux-ci les jeunes et les syndicalistes. Seule la classe ouvrière, s’appuyant sur son organisation historique, est à même de rassembler la nation contre l’impérialisme et ses valets. Les comités constitués n’ont pas encore résolu la question de leur centralisation à l’échelle nationale. Mais ils dessinent déjà des formes d’un pouvoir indépendant représentant les intérêts des opprimés et des exploités. Déjà d’une certaine manière, ils se dressent comme un possible double pouvoir face aux institutions du régime que les masses cherchent à démanteler et que l’impérialisme US et l’UE cherchent à protéger sous couvert de “transition démocratique”. Parce qu’il s’agit d’une révolution ouvrière, s’attaquant à un régime inféodé à l’impérialisme – c’est-à-dire du régime fondé sur la propriété privée des moyens de production à l’agonie – le mouvement révolutionnaire des masses se heurte frontalement à la domination impérialiste. La moindre de ses revendications est en contradiction absolue avec le maintien de la domination impérialiste qui, elle, à l’inverse, cherche par tous les moyens à préserver les régimes qui lui sont inféodés.
{{{L’issue face à la barbarie, seules les masses peuvent l’ouvrir}}} A juste titre, l’Administration Obama, le gouvernement français, l’UE et leurs agents en Tunisie s’alarment de la tentative des masses ouvrières et paysannes tunisiennes de prendre en mains leur destin : « Le chaos menace en Tunisie, les soviets se mettent en place dans les usines. » (Les Echos, 7 mars 2011) La souveraineté populaire et nationale, la démocratie, c’est cela que l’impérialisme appelle « chaos ». Durant des semaines et des semaines, appuyé par l’impérialisme et les partis dits d’opposition, le gouvernement tunisien qui avait pour charge d’assurer la continuité du régime s’est opposé à l’exigence portée par tout un peuple, de l’Assemblée constituante, et lui a opposé la perspective d’élections présidentielles, c’est-à-dire le maintien du régime en le « rénovant ». Ce mouvement qui vient d’en bas a mis en mouvement des millions et des millions avec l’UGTT et les comités de défense de la révolution, et a contraint une nouvelle fois le gouvernement à reculer et à convoquer des élections à une Assemblée constituante. Mais immédiatement ces mêmes forces attachées à l’impérialisme, essaient de transformer ces élections en législatives, dans le but de préserver le régime. Le mot d’ordre d’Assemblée constituante signifie le démantèlement de toutes les institutions de l’ancien régime et l’établissement de la souveraineté nationale par la rupture de l’accord d’association avec l’UE et des plans d’ajustement structurel du FMI, par l’annulation de la dette externe, qui se trouvent au centre des mobilisations et des grèves ouvrières pour la renationalisation des entreprises et des banques (dans lesquelles les travailleurs chassent les directeurs et autres administrateurs du régime), pour l’expropriation des biens de la famille du dictateur. Une authentique Assemblée constituante c’est une constituante prenant dans ses mains tous les pouvoirs, inscrivant dans la Constitution, tout ce pour quoi les masses se sont mobilisées depuis des semaines : « du pain et de l’eau », c’est-à-dire pour des revendications contradictoires avec les exigences découlant de l’accord d’association avec l’Union européenne, les plans du FMI, et le remboursement de la dette. Dans toutes les usines, les travailleurs exigent des augmentations salariales, la renationalisation des entreprises. Les jeunes chômeurs exigent l’embauche immédiate dans les entreprises d’Etat. Les travailleurs précaires exigent leur titularisation sous statut. Les paysans exigent la saisie des terres. C’est ce mouvement même des comités, appuyés sur l’UGTT qui peut déboucher sur une véritable assemblée constituante souveraine. {{{Une nouvelle étape de la situation mondiale}}} La révolution en Tunisie est une révolution internationale. Quels que soient les formes et rythmes des événements à venir, une situation nouvelle s’est ouverte à l’échelle internationale, qui voit les travailleurs et les peuples repasser à l’offensive contre le capital. La révolution tunisienne, c’est la pointe avancée du combat de résistance et d’émancipation des travailleurs et des peuples à l’échelle mondiale. C’est le mouvement qui s’est exprimé en 2010, dans la plupart des pays européens – Grèce, Irlande, Grande-Bretagne, France, Espagne… contre les plans de destruction de l’UE et du FMI, mouvement de résistance contenu pour l’instant, par politique des appareils dirigeants du mouvement ouvrier. La jeunesse de Tunisie exprime le combat de la jeunesse du monde entier pour le droit à un avenir comme les étudiants de Grande-Bretagne, massivement mobilisés contre les « réformes » du gouvernement et comme ceux d’Algérie, mobilisés contre la « réforme LMD » qui casse leurs diplômes, comme les jeunes chômeurs qui exigent « un vrai travail, un vrai salaire ». C’est le même mouvement qui a amené les travailleurs et les masses en Bolivie à s’opposer aux mesures d’austérité de Morales par la manifestation et la grève, ce qui recoupe la situation dans tout le continent. C’est la résistance des travailleurs nord-américains qui, à Madison, dans l’Etat du Wisconsin, ont occupé le Capitole contre la décision du gouverneur d’interdire les droits syndicaux les plus élémentaires. Oui, la révolution prolétarienne tunisienne recoupe d’Haïti au Bangladesh et du Bangladesh au Brésil la résistance, le combat d’émancipation des travailleurs et des peuples. Cette situation nouvelle vérifie en tous points la validité des analyses et décisions adoptées par le VIIème Congrès mondial de la IVème Internationale. Rappelons que celui-ci s’est tenu à la fin de l’année 2009, au moment où précisément la “crise financière” frappait l’ensemble des continents, entraînant à un appauvrissement massif des peuples et des licenciements par millions… Lors de ce VIIème Congrès, la IVème Internationale a affirmé que, sous la crise financière, il s’agissait en réalité, de la crise du système de la propriété privée des moyens de production, la crise du système capitaliste, d’un régime à l’agonie entraînant l’humanité à la barbarie. Cette crise de 2008-2009 sonnait comme un avertissement. L’impérialisme et notamment l’impérialisme américain qui, au nom de la guerre contre le terrorisme” avait engagé une guerre contre tous les peuples, disloquant l’Irak et l’Afghanistan, ne pourrait pas, indéfiniment s’attaquer aux acquis, aux droits ouvriers, aux nations et aux peuples, sans provoquer leur réaction. Dans cette situation extrêmement difficile pour les travailleurs et les peuples du monde entier, le VIIème Congrès de la IVème Internationale, sur la base de l’appréciation qu’il s’agit d’un régime social à l’agonie avait réaffirmé que l’ordre du jour était celui de la révolution prolétarienne, le combat pour l’expropriation du capital était la seule issue face à la barbarie. C’est pourquoi le VIIème Congrès de la IVème Internationale avait appelé à la construction et au renforcement de la IVème Internationale. Construction indissociable du combat pour rassembler, regrouper dans chaque pays et à l’échelle internationale, des militants, travailleurs, syndicalistes qui entendaient combattre pour aider les travailleurs à s’ouvrir une issue face à la barbarie capitaliste et qui, pour cela, agissent pour l’indépendance de la classe ouvrière et de ses organisations. Moins de deux ans plus tard, le développement du processus révolutionnaire en Tunisie confirme cette analyse : les masses ouvrières et paysannes n’ont d’autre issue face au talon de fer que veut imposer à la planète le capital (notamment US) que de se dresser et recourir à ses formes d’action et d’organisation propres pour se défendre. Cette révolution se dresse contre l’impérialisme et déstabilise « l’ordre mondial » sous l’égide des Etats-Unis. Comme produit de cette révolution, une lame de fond touche toute la région. Précisément, parce qu’elle a ouvert une crise de l’ordre mondial sous l’égide de l’impérialisme US, sa conjonction avec des mobilisations populaires dans d’autres pays a encore accentué cette crise de l’impérialisme mondial. Une nouvelle étape de la situation mondiale s’est ouverte. En Egypte, en se débarrassant de Moubarak, l’état-major, en accord avec l’Administration US, a cherché à préserver le régime c’est-à-dire l’appareil militaire face à la mobilisation révolutionnaire des masses. Le “Conseil suprême des forces armées” a mis en place une Commission de 6 juristes dont un représentant des Frères musulmans, pour “toiletter” la Constitution actuelle c’est-à-dire la préserver, préserver le régime qui a appliqué servilement tous les plans de privatisations du FMI. L’appareil militaire a commencé à engager la répression contre les manifestants. Il appelle à l’arrêt des grèves et des manifestations, qui se multiplient et se développent. Mais la mobilisation massive du peuple a abouti à la chute du gouvernement Shafiq qu’il réclamait et a contraint une nouvelle fois l’appareil militaire à lâcher du lest pour tenter de préserver son pouvoir. Constituant leurs syndicats de base et exigeant la liquidation du “syndicat officiel”, la classe ouvrière égyptienne cherche à se doter de syndicats indépendants. Des mobilisations paysannes chassant les organismes agricoles officiels se développent pour exiger le contrôle de la terre au service des paysans pauvres. Les masses se lancent à l’attaque des bâtiments de la sécurité d’Etat. Dans ce contexte, l’Administration américaine doit peser de tout son poids pour maintenir la domination du régime militaire garant du respect des accords de Camp David avec l’Etat d’Israël, du Plan d’ajustement structurel, et du maintien de l’ordre dans la région au moment où s’enflamme le Moyen-Orient et où ces développements révolutionnaires sont un appel d’air pour la révolution palestinienne. Le retour précipité du roi Abdallah en Arabie saoudite, alors qu’il était en convalescence à l’étranger, traduit cette panique. « La pompe à essence du monde est en feu ! » écrit le quotidien financier La Tribune (7 mars). Aux frontières du royaume à Oman, au Yémen et surtout à Bahreïn, les soulèvements en cours menacent l’ordre et la stabilité de l’Arabie saoudite, au cœur du dispositif US des pétromonarchies. A Bahreïn, la 5ème Flotte américaine a été mise en état d’alerte. Alors que l’impérialisme US a puissamment contribué à la dislocation du Soudan, à Bahreïn, c’est aux cris de « Chiites, Sunnites, tous unis ! » que les masses exigent une Assemblée constituante pour en finir avec 242 ans d’Emirat. L’intervention militaire saoudienne à Bahreïn ouvre la voie au chaos dans le cadre du « Grand Moyen-Orient ». {{{Pour l’impérialisme, la solution, c’est la guerre}}} Prenant prétexte de la féroce répression du régime Kadhafi, l’Administration US a décidé d’envoyer ses navires aux larges des côtes libyennes. Elle en appelle à une intervention militaire, aiguisant les contradictions dans les sommets de l’Union européenne, Sarkozy et le Premier ministre britannique Cameron s’empressant d’y répondre favorablement ainsi que la Ligue arabe (à l’exception de la Syrie et de l’Algérie), réunie en sommet le 12 mars. La barbarie du régime Kadhafi qui continue à bombarder les populations ne saurait faire oublier le sort que réserve l’impérialisme US aux peuples afghan et irakien. Derrière les références hypocrites à “l’ingérence humanitaire” et à la « zone d’exclusion aérienne », il s’agit du contrôle direct de la Libye, de ses hydrocarbures, de son peuple par l’impérialisme et d’une menace directe pour les processus révolutionnaires des peuples voisins d’Egypte et de Tunisie, mais aussi contre la souveraineté et l’intégrité de l’Algérie et du Maroc. C’est là encore une tentative de mettre sur pied sous l’égide des Etats-Unis le projet AFRICOM, enserrant le continent dans un dispositif militaire intégré, dirigé par l’impérialisme US. Rappelons qu’après le 11 septembre 2001, Kadhafi s’est enrôlé dans l’opération US de “guerre contre le terrorisme”. Sa lutte contre Al Qaïda a été le motif de son retrait de la liste des pays terroristes par l’Administration US, sans oublier qu’il a largement privatisé l’économie. Cela a permis à Kadhafi de multiplier les initiatives correspondant aux exigences américaines de Grand Moyen-Orient, notamment de dépeçage des nations. Le 14 janvier, à l’issue du référendum qui a consacré la partition du Soudan, le gouvernement américain a retiré ce pays de la liste des « Etats qui soutiennent le terrorisme ». Le rejet massif de Kadhafi par le peuple libyen est certes lié, comme pour tous les peuples, à une profonde aspiration à la liberté et au rejet d’un régime oppresseur qui nie toute liberté. Cependant, la situation est contradictoire. Il y a la mobilisation populaire. Mais, il y a aussi des traits comparables à certaines situations provoquées et manipulées par l’impérialisme en Afrique quand il suscite la lutte clans contre clans, le retour au tribalisme et au communautarisme. En Libye, ils veulent utiliser les grands chefs tribaux de Libye, les ex du régime de Kadhafi pour opposer la Cyrénaïque et la Tripolitaine… pour « somaliser » la Libye et la disloquer. {{{Europe, Etats-Unis…}}} Les prétextes “humanitaires” de l’impérialisme ne sont que de la poudre aux yeux. Les menaces d’interventions militaires en Libye appelées de leurs vœux par les Etats-Unis et relayées de manière servile par le gouvernement français visent directement la révolution prolétarienne en Tunisie et le soulèvement révolutionnaire en Egypte. C’est un avertissement lancé à tous les peuples de la région et du monde pour leur signifier que toute remise en cause de la domination impérialiste signifierait le chaos et donc l’intervention militaire brutale de l’impérialisme pour « rétablir l’ordre ». Car la panique les gagne. Le journal patronal français, La Tribune, titre : « Si la révolte des peuples arabes faisait école en Europe ? » L’impérialisme n’a pas d’autre voie pour maîtriser sa propre crise que de généraliser la guerre contre les peuples. Cette menace mondiale a provoqué la réaction des pays de l’ALBA contre toute intervention militaire en Libye, pour sa souveraineté et son intégrité territoriale, contre le pillage des richesses du peuple. Mais elle ne peut néanmoins justifier la défense du régime Kadhafi par certains d’entre eux. Cette menace pèse y compris au cœur de l’Europe, dans les vieilles puissances impérialistes. Le Pacte pour l’euro qui vient d’être adopté par le Sommet de l’Union européenne engage une nouvelle offensive contre les travailleurs et les peuples d’Europe et les organisations syndicales. Mais en même temps, il exprime la terreur devant les possibles soulèvements en Europe même. Ces politiques de rigueur engagent une véritable offensive de liquidation sociale : baisse des salaires, remise en cause des retraites et de la Sécurité sociale, du droit à l’instruction au compte du patronat et de la spéculation. Pour l’imposer, tous les gouvernements européens, qu’ils soient de gauche ou de droite, avec l’Union européenne et le FMI, cherchent, face aux mobilisations qui se sont produites dans toute l’Europe durant l’année 2010, à enchaîner les organisations syndicales à l’accompagnement de ces plans destructeurs sur le modèle du Pacte social signé par les deux confédérations espagnoles ave le gouvernement Zapatero. C’est cette même question qui est posée aux Etats-Unis où, en application des directives de l’Administration Obama, le gouvernement de l’Etat du Wisconsin a engagé une épreuve de force pour tenter de détruire la négociation collective, imposer les coupes budgétaires et les plans de destruction des services publics et, en réalité liquider l’existence même des organisations syndicales, suscitant contre elle la mobilisation répétée de dizaines de milliers de travailleurs au Wisconsin et dans tous les Etats-Unis. {{{Le combat pour l’indépendance de classe}}} La défense des organisations de la classe ouvrière nécessaires à son combat, l’organisation des masses sur leur terrain propre à travers les comités qui se dressent face à l’impérialisme, c’est le mouvement de la révolution prolétarienne et internationale. La IVème Internationale fait sienne la devise de la Ière Internationale, selon laquelle l’émancipation des travailleurs ne peut être que l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. Cette émancipation passe par la défense de l’organisation élémentaire de classe que représente le syndicat, comme par le surgissement dans le processus révolutionnaire des formes d’auto-organisation des masses qui structure le mouvement de la révolution expropriatrice du capital. Dans ce but et pour surmonter les obstacles dressés par les forces attachées à l’ordre impérialiste, à l’UE, au FMI, à l’ONU, il est nécessaire de regrouper les forces ouvrières d’origines diverses sur le terrain commun, celui de l’indépendance de classe du prolétariat, pour bâtir ensemble des partis qui aident la classe ouvrière dans la direction révolutionnaire. {{{L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes}}} La IVème Internationale condamne ceux qui, prétendument à gauche ou à l’extrême-gauche, demandent à l’Union européenne d’intervenir pour “aider à la transition démocratique” en Tunisie ou en Egypte, n’hésitant pas à faire appel à ceux qui durant des décennies ont soutenu à bout de bras les régimes de Moubarak et de Ben Ali parce que ceux-ci avaient la charge de garantir leurs propres intérêts. L’issue ne réside pas dans l’UE, dans le FMI, l’ONU, l’Administration Obama. La solution est dans le mouvement des masses qui seules peuvent ouvrir une issue à l’humanité tout entière. L’aide qui peut être apportée aux peuples de la région, c’est de les laisser disposer librement de leur sort et de leur avenir. Et donc de combattre dans les pays impérialistes contre toute intervention et ingérence. Non, l’Union européenne et les différents gouvernements impérialistes d’Europe et des Etats-Unis qui, pendant près de 30 ans, à travers les plans du FMI ou les accords d’association avec l’Union européenne, ont pillé l’Egypte et la Tunisie, ont poussé aux plans de privatisation, à l’appauvrissement des populations et ont soutenu Ben Ali et Moubarak mais aussi Kadhafi, n’ont aucune légitimité aujourd’hui quand ils prétendent “aider” les peuples en leur proposant de nouveaux “accords” et de nouvelles “réformes” ! Ce sont les mêmes, FMI en tête qui, en janvier, exigeaient du gouvernement algérien de remettre en cause les mesures qu’il avait prises en 2009 et 2011, restaurant son contrôle sur l’économie et augmentant les salaires. La révolution en Tunisie est un point d’appui du combat en Algérie pour la défense de la nation et du peuple contre l’impérialisme. Les sections de la 4ème Internationale en Amérique latine, dans la Caraïbe, en Asie et en Afrique qui combattent contre l’impérialisme et les plans destructeurs des nations et pour la souveraineté nationale sont fermement aux côtés des masses ouvrières, paysannes, travailleurs précaires, jeunes des pays de la région contre l’impérialisme et contre toute forme d’intervention militaire. Les sections européennes de la IVème Internationale, notamment française et italienne ainsi que la section américaine de la IVème Internationale sont au premier rang du combat contre l’intervention de leur propre impérialisme en Libye. Les sections européennes de la 4ème Internationale sont partie prenante de la campagne contre l’ingérence, contre toute intervention du Comité de liaison des militants ouvriers d’Europe qui s’adresse aux institutions européennes contre le consensus total du « Parlement » européen qui vise à imposer le renouvellement de l’accord d’association Tunisie-Union européenne. Pour elles, c’est un même combat que celui qui les amène, sous des formes propres à chaque pays, à combattre contre l’Union européenne et son Pacte pour l’euro, ou, aux Etats-Unis, à s’engager dans le combat des travailleurs du Wisconsin avec leurs syndicats. D’Europe, d’Amérique, d’Afrique ou d’Asie, tous les peuples ont le même ennemi : les impérialismes américain et européens. Répétons-le : les processus révolutionnaires en cours en Tunisie et en Egypte, et les soulèvements populaires dans cette région constituent la pointe avancée du combat des travailleurs et des peuples sur tous les continents, qui se dressent contre l’exploitation et l’oppression. Ce n’est pas le “printemps des peuples arabes”. C’est le mouvement international des travailleurs et des peuples contre le système capitaliste qui entraîne l’humanité à la barbarie. Il s’agit d’un combat mondial qui oppose l’immense majorité qui constitue le peuple travailleur à la minorité capitaliste. Pour la IVème Internationale, les travailleurs de tous les pays ont des intérêts communs contre l’impérialisme. La IVème Internationale fait sienne l’affirmation contenue dans l’appel de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples, lancé en conclusion de la Conférence mondiale ouverte tenue à Alger, le 29 novembre 2010 : « Malgré les souffrances terribles subies dans le monde entier, partout se dresse la résistance des peuples, de la jeunesse et des travailleurs qui cherchent à ressaisir leurs organisations pour lutter, résister, reconquérir (…). Nous reprenons à notre compte le mot d’ordre lancé le 4 janvier 1991 à Barcelone : “Gouvernements fauteurs de guerre et de misère, craignez la révolte des peuples ! A bas la guerre, A bas l’exploitation ! ”» {{Non à l’intervention militaire impérialiste !}} {{Non à toute ingérence !}} {{Bas les pattes devant le combat des peuples !}} {{Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes !}} {{Solidarité ouvrière internationale !}} |La IVème Internationale soumet cette déclaration (ainsi que les éléments contenus dans sa revue La Vérité n°70), aux travailleurs, jeunes et militants appartenant à tous les courants du mouvement ouvrier et leur propose d’en discuter. Pour nous, IVème Internationale, c’est une certitude : une nouvelle phase de la situation mondiale s’est ouverte. Elle va voir une chaîne d’explosions révolutionnaires. Nul ne peut en garantir l’issue. Mais la perspective ouverte par la révolution en Tunisie, c’est que les travailleurs et la jeunesse ont la capacité de surmonter les obstacles mis sur la voie de la révolution et d’abattre le système de la domination capitaliste. Partant de cette appréciation, il n’y a rien de plus urgent que de rassembler toutes les forces ouvrières indépendantes sur une ligne de classe pour en finir avec l’exploitation de l’homme par l’homme et ouvrir la voir au socialisme. « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. » Ils ne peuvent réaliser cette tâche qu’en s’organisant. Ils ont besoin de leurs organisations, organisations syndicales, organisations politiques. La classe ouvrière tunisienne a besoin d’un parti qui reprenne à son compte l’ensemble des revendications des ouvriers et des paysans, qui rejette tout accommodement avec quelque fraction de l’ancien régime, qui refuse toute ingérence de l’impérialisme et de ses agents, qui combatte pour que les richesses du pays reviennent au peuple. C’est pourquoi le Secrétariat international de la IV° Internationale, conformément aux traditions ouvrières, pour aider à avancer dans cette voie, appelle les militants ouvriers, les travailleurs à constituer un « Fonds spécial révolution tunisienne » pour collecter l’argent nécessaire à cette tâche.|
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